Multidisciplinaire, le travail de Riborg se nourrit de duplicité, celle de sa double culture norvégienne et française, et de ce va-et-vient fructueux entre la peinture et le chant qu’elle pratique, avec comme fil conducteur un rythme intrinsèque, vécu jusqu’à
son incarnation dans son geste pictural et performatif.
Elle travaille principalement avec cette rencontre entre son corps et des supports, papier, toile qu’elle fabrique ou encore, coud comme clou.
De la Nature, elle extrait des éléments qui deviennent eux-mêmes supports, ou encore le pigment dessiné retraçant ses gestes.
Son travail, en puisant son inspiration dans un mouvement de retour vers la Nature, se détache ainsi de toute culture, tout en s’inscrivant dans la continuité d’un type de renouvellement primitif pratiqué par les Autochtones.
Cet ensemble sensoriel est en constante mutation, telle la Nature dans laquelle elle a planté son atelier.
__ Julie Borgeaud
Historienne de l'art, Curatrice et Auteure

Ovale de tendresse
Baisers de lèvres fardées sur papier de pétales d’hortensia fait à ma main, 2024 (Dimensions : 21* 30 cm )

Toucher l’Être
Fabriquer, peindre, chanter, toucher.
Je cherche la vie dans la matière, le souffle dans la couleur, la trace dans le geste.
Une rencontre entre mon corps, le support et la matière colorante.
Une danse à trois, où je cherche à laisser venir.
La matière porte sa propre voix, sa mémoire, son goût.
Mon corps fait pinceau, ma respiration s’accorde à la matière.
L’instant de création est un passage — un état de transe douce où quelque chose me traverse.
Je ne cherche pas le beau ; je cherche le vivant, le juste, et ce qui échappe — ce qui questionne, trouble, met en mouvement.
Mon geste se souvient peut-être d’un geste plus ancien — celui d’une main sur la paroi, d’un enfant qui touche une vitre pour dire : je suis là.
Lier les contraires : le sacré et le profane, la douceur et la force, la vie qui se transforme.
Parler du cycle, du corps, du temps, du sens caché dans les choses simples.
Parfois, la peinture devient performance, parfois vidéo, parfois photo.
Tout vient du même lieu : le désir d’être là, entière, dans la matière et dans le monde.
Je suis nature
__ Riborg
Performance à la mûre, Paris 2024